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Yvonne de Komornicka et ses filles

Yvonne de Komornicka et ses deux filles, Christiane et Wanda.

La Résistance au féminin

Aînée d'une famille nombreuse, Yvonne Roeschlin part faire ses études à Paris après le premier conflit mondial. Le choc des combats, si près de son enfance vosgienne, et les interrogations sur la place des femmes ont contribué à forger cette personnalité énergique.

La seconde guerre mondiale fait de cette veuve, mère de trois filles, le Capitaine "Kleber". Du service social à l'écoute de Radio-Londres, de la propagande à la direction du mouvement "Combat", Yvonne de Komornicka est un rouage essentiel de l'armée des ombres dans le sud-est. Arrêtée en octobre 1943, elle est internée aux Baumettes puis déportée à Ravensbrück.

L'armée des ombres 

La Résistance au féminin n'a pas été qu'un soutien essentiellement logistique à la Résistance organisée et dirigée par des hommes. Yvonne de Komornicka, obligée de quitter ses Vosges natales où elle a organisé un réseau d'évasion pour les prisonniers blessés, arrive à Avignon en septembre 1941. Là, bien que mère de trois filles et veuve, elle devient "Kleber" le chef du mouvement clandestin "Combat" du Vaucluse jusqu'à son arrestation en octobre 1943.

Yvonne de Komornicka à Ravensbrück - jpeg - 79 ko

Portrait d'Yvonne de Komornicka réalisé par une codétenue du camp de Ravensbrück, 1945.

Collection particulière 

Kleber est la responsable du R.O.P. (recrutement, organisation, propagande) de "Combat" pour le Vaucluse, à l'intérieur de la région R2 (le sud-est de la France). Après sa rencontre avec Jean MOULIN, elle fédère dans le M.U.R. (mouvements unis de la Résistance) les organisations de la Résistance vauclusienne et fait distribuer journaux et tracts.

Ses filles participent à cette partie visible des activités des mouvements clandestins qu'est la distribution de tracts. La vie des quatre femmes est très intense, mais la gravité des temps s'accélère avec la multiplication des arrestations à Marseille et Avignon. Le 23 octobre 1943 Yvonne de Komornicka est arrêtée dans son bureau de l'aide sociale à la mairie d'Avignon.


     Bulletin des RG - jpeg - 113 ko - nouvelle fenêtre

Bulletin hebdomadaire du service des Renseignements Généraux. Semaine du 5 septembre 1943.

AD Vaucluse : 3 W 28 


Nuit et Brouillard

Arrêtée par la Gestapo, la résistante est internée aux Baumettes puis déportée. C'est une "NN", une "Nuit et Brouillard", ceux qui ne doivent pas revenir et ses filles n'auront aucune nouvelle. Elle est à Ravensbrück, "l'enfer des femmes" ; dans ce camp de concentration passèrent 115.000 déportées venues de tous les pays. À cause du nom polonais de son mari, Yvonne de Komornicka n'a pas échappé aux "expériences médicales" nazies qui utilisaient les Polonaises comme matériau de laboratoire, mais elle survivra. 

Sur les 10.000 Françaises du camp, seules 3 000 reviendront ; elle sera parmi les 300 femmes "NN" rapatriées par le comte Bernadotte et la Croix Rouge suédoise.Après l'arrestation de leur mère, les filles continuent la lutte clandestine et à grands coups de pédalier sillonnent la région. Wanda a repris le service social du mouvement "Combat" et transporte secours, messages ou armes. La bicyclette de Christiane, endommagée lors des bombardements d'août 44, sera réparée pour reprendre du service jusqu'à la Libération, et celle de Wanda sera volée par un Allemand en mal d'exode.


 Cartes de la Résistance - jpeg - 126 ko - nouvelle fenêtre  

 Carte des forces françaises combattantes de Christiane et carte des F.F.I. de Wanda.

Photographie de Wanda sur sa bicyclette.

Collection particulière. 


 Carnet d'adresses - jpeg - 94 ko - nouvelle fenêtre  

Carnet d'adresses d'Yvonne de Komornicka.

Collection particulière.


La Libération

Après la Libération, les deux sœurs s'engagent dans les services de rapatriement des prisonniers et déportés. Avec la Mission militaire de liaison administrative (MMLA) Wanda suit l'armée Montgomery et reçoit le choc des camps de déportés comme Belsen Bergen. Avec l'armée canadienne, Christiane arrive à Oberlangen, le camp des Polonaises survivantes du soulèvement de Varsovie. Mais ce n'est que le 14 juillet 1945, à l'hôtel Lutécia à Paris où arrivent les déportés rapatriés, que Christiane et Wanda retrouvent leur mère. 

L'ancien chef du groupe "Combat", de retour à Avignon, reçoit la croix de guerre avec palmes en 1946, et la Légion d'honneur en 1948.

Album de photos - jpeg - 52 ko - nouvelle fenêtre

Album de photographies de Christiane de Komornicka. 1945.

Collection particulière.


Légion d'Honneur. 1948 - jpeg - 81 ko - nouvelle fenêtre   

Remise de la Légion d'Honneur à Yvonne de Komornicka. 1948.

Collection particulière.

En septembre 1999, en inaugurant une rue à son nom, la ville d'Avignon remet en lumière une héroïne de l'armée des ombres.

Rue Yvonne de Komornicka - jpeg - 138 ko - nouvelle fenêtre

Collection AD 84 

Mise à jour : 05 février 2009

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