> Bienvenue > Regarder > Expositions en ligne > "Il était une fois le petit d'homme..." > La bienveillance à l'égard des enfants
C'est aussi l'époque de la bienveillance à son égard.
« Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux
(...) Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
(...) Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire... »
Victor Hugo, Lorsque l'enfant paraît, « Les feuilles d'automne », 1830. Extrait
Peu à peu, de fardeau voire d'objet dont on ne s'occupe guère, l'enfant devient un enjeu de société.
On le protège, le regard qu'on pose sur lui change, on apprend à mieux le connaître pour enfin le prendre en compte comme un être à part entière et non plus comme un adulte en miniature.
Cette évolution se vérifie dans le quotidien, par les soins qui lui sont apportés et les objets spécifiques qui sont fabriqués et commercialisés à son intention.
Favoriser l'instruction des enfants participe de leur protection et illustre la volonté des pouvoirs publics d'investir en eux, éviter l'errance de l'enfant abandonné, préparer une jeunesse plus saine et patriote.
Au XIXe siècle, l'enseignement est réformé. La loi Guizot en 1833 oblige toutes les communes à se doter d'une école primaire, ce qui est le cas dans le Vaucluse en 1851. Mais la réforme la plus importante reste, sans conteste, celle de Jules Ferry.
Pour les enfants de deux à sept ans, les salles d'asile sont créées : la première ouvre à Paris en 1826. Des méthodes pédagogiques adaptées aux plus jeunes sont développées sous l'impulsion d'une pédagogue féministe : Marie Pape-Carpentier. Cependant le nombre d'enfants empêche presque totalement de faire autre chose que de la garderie et oblige à une discipline très stricte rythmée par le claquoir.
En 1881 les salles d'asile deviennent les écoles maternelles : c'est l'œuvre de Pauline Kergomard qui s'est souciée de pédagogie dans les écoles avant d'être nommée inspectrice générale des écoles maternelles par Jules Ferry. Sa volonté est de reconnaître l'enfant comme individu, de respecter son rythme d'apprentissage, tout en maintenant des exigences scolaires adaptées à son âge. Des disciplines nouvelles apparaissent liées au langage, à l'observation, aux exercices sensoriels, aux jeux.
Dans les classes enfantines réservées aux enfants de quatre à sept ans, un début d'enseignement primaire est dispensé.
À partir des années 1820, le mouvement d'accueil des plus jeunes dans des salles d'asile en vue de leur socialisation, puis de leur instruction dans les écoles maternelles, s'accompagne de l'apparition d'un nouveau mode de garde des nourrissons : les crèches. Des expériences ont eu lieu après la Révolution mais elles sont restées isolées.
Sur fond de Révolution industrielle et de développement du travail dans les villes, la création des crèches est à mettre sur le compte des œuvres charitables ; leur multiplication relève, quant à elle, de la volonté des pouvoirs publics de réduire les abandons d'enfants.
Mise à jour : 17 septembre 2009