> Bienvenue > Regarder > Expositions en ligne > Soignés, Soins, Soignants > "Soignés, soins, soignants" : l'exposition
Exposition consacrée à "l'Homme malade et sa prise en charge du Moyen âge au XXe siècle" dans le hall des Archives départementales du 19 septembre 2009 au 13 août 2010. Cette exposition est prolongée jusqu'au vendredi 22 octobre prochain.
"SOIGNÉS, SOINS, SOIGNANTS
L'homme malade et sa prise en charge
du Moyen Âge au XXe siècle"
dans le hall d'entrée des Archives jusqu'au 22 octobre 2010
Comment garder l'intégrité de son corps et le maintenir en bonne santé, arrêter les infections, juguler les épidémies, échapper à la douleur et à la maladie ?
Dans une histoire pluriséculaire l'homme a tenté d'éliminer douleurs, souffrances, contagions ; il s'est risqué à donner aux épreuves et aux calamités des réponses individuelles ou sociales, des solutions solidaires ou répressives. Pour retracer cette lutte, jamais finie, l'exposition « SOIGNÉS, SOINS, SOIGNANTS » présente un choix de documents, d'images et d'objets illustrant comment l'histoire locale, dans une triple perspective, s'inscrit dans le grand mouvement de l'Histoire de la santé.
Il s'agit de positionner l'homme dans la réalité physique d'un corps à connaître, à garder en bonne santé. Apprendre ce corps consiste à le protéger des atteintes faites à son intégrité, à le défendre contre les assauts des épidémies, afin d'en éloigner la décrépitude et la mort.
Ce corps imaginé devient un corps examiné et cette connaissance nouvelle permet de mieux le préserver. Une bonne nourriture, une meilleure hygiène contribuent à éviter la maladie mais quand le corps tombe malade il convient de le soigner.
Si l'automédication et les soins donnés à la maison ne suffisent pas, c'est la cité qui va prendre en charge le malade, notamment pour juguler les pandémies et les grandes épidémies. La maladie devient alors le souci de tous. Et lorsque pratiques et praticiens ont échoué, il faut se soucier des morts et leur trouver un lieu approprié.
Mère allaitant son enfant sous les conseils d'Avicenne. Miniature extraite du Canon medecinae, vers 1275. Cliché CNRS-IRHT. Besançon, bibl. municipale ms 457 fol.41.
Le ramassage des morts. La vue de l'Hôtel de Ville pendant la peste à Marseille, peinture de Michel Serre, 1723 (détail). Photo Jean Bernard. Musée des Beaux-Arts de Marseille.
Silhouettes médicales. Docteur H.M. Menier, Mon docteur, médecine et hygiène. Paris, Ed. Librairie commerciale, 1907. Collection particulière.

La sauvegarde du corps par la maîtrise des soins induit plusieurs réponses, lesquelles ont varié au cours des siècles, cohabitant souvent, se contredisant parfois.
L'art élémentaire des soins relève de la connaissance ancestrale des « simples » et de la pharmacopée. Initialement le malade est soigné chez lui, mais la prise en compte de vagues d'épidémies et la détresse sociale de certains patients vont faire naître l'idée d'établissements de soins. On soigne pauvres et indigents à la charité et à l'hôpital ; on isole ceux atteints de maux effrayants ; on mure les contagieux et on enferme les insensés. C'est le grand enfermement poursuivi jusqu'au XXe siècle. Parallèlement on développe des méthodes moins coercitives en réactivant les valeurs thérapeutiques de l'eau ou en testant des « machines » nouvelles.
Cette prise en charge du malade et de la maladie va entraîner l'émergence progressive de groupes spécialisés.
Croyances populaires, foi et médecine officielle se côtoient et s'affrontent. Guérisseurs et rebouteux sont tout autant recherchés que craints, alors que les saints thaumaturges captent les malades et les anxieux lors des grandes calamités.
Apothicaires, chirurgiens et médecins, se disputent le privilège de soigner. Cependant le savoir progresse et des hommes et des femmes, de plus en plus spécialisés vont être en charge de la guérison de leurs contemporains.
Instruments chirurgicaux. Guy de Chauliac, Chirurgie, XIVe siècle. Cliché Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras, Ms 322.
Sage-femme pratiquant une césarienne, sous la surveillance d'Avicenne. Miniature extraite du Canon medecinae, vers 1275. Cliché C.N.R.S.-I.H.T. Besançon, bibl.municipale ms 457 fol. 260v.
Un temps, progrès scientifiques et techniques ont pu nous faire croire à l'éradication des maladies, des épidémies et à la fin de leur cortège de misères. Mais soyons réalistes l'apparition du SIDA (syndrome immunodéficitaire acquis), la résurgence du choléra, la menace du H5N1 (grippe aviaire) et autre H1N1 (grippe porcine), la multiplication des cancers, nous montre que la lutte de l'humanité contre la maladie et son lot de douleurs et de souffrances n'est pas près de se clore.
Si pour l'homme la maladie fut longtemps une malédiction divine l'autorisant à chercher un bouc émissaire, de nos jours l'apparition et la résurgence de fléaux font renaître nos peurs ancestrales et nous ramènent parfois à un obscurantisme troublant.
Mise à jour : 15 juin 2010