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Actualité du 25/10/2018

Le document du mois

En cette période de fête de la Toussaint, il nous a paru opportun de vous faire partager cette coutume autour de la sépulture des morts qui se perpétuait dans la commune de Monteux au XVIIIe siècle. L’archiviste M. Chauvet, employé des Archives départementales et rédacteur de l’inventaire des archives anciennes de la commune de Monteux en 1865, nous donne une description très précise de l’accompagnement du mourant et de la cérémonie du rite de passage.

Entouré par sa famille et ses amis, le mourant tenait un cierge dans les mains qui était remplacé par un verre de vin après avoir expiré. Ensuite, tous trinquaient avec le défunt « A la santa dou mort » (à la santé du mort) ; c’était une façon d’accompagner son âme dans un au-delà bienheureux.

Cette association symbolique du mort à sa cérémonie mortuaire est un trait de rusticité pour Régis Bertrand, spécialiste de l’histoire des attitudes devant la mort. Tandis qu’on allumait la lampe funéraire dénommée le caléou auprès du pauvre malheureux à peine refroidi, voilà que tous « fouillaient dans les coffres et bahuts pour découvrir la grenouille ». Il faut savoir qu’au XVIIIe siècle, avant que le cochon ne la supplante, la tirelire avait la forme d’une grenouille. Aussi, sans retenue aucune, parents et amis se mettaient rapidement en quête du magot qui aurait pu être caché. L’accompagnement se poursuivait par l’inhumation dans le caveau de la paroisse pour les familles nobles ou desservants d’église, ou dans le cimetière de la clastre (le cloître). Enfin la cérémonie se terminait par l’extinction du caléou avec le vin contenu dans le verre du défunt.

Cette description, qui nous replonge dans une coutume du XVIIIe siècle, s’inscrit dans une laïcisation progressive des pratiques funéraires et suggère l’absence, parfois, des prières ou messes destinées à la rédemption du défunt.

 

Sources complémentaires :

  • (BERTRAND, Régis, « Mort et mémoire, Provence, XVIIIe-XXe siècle », La Thune, Marseille, 2011)
  • 3 T 180 – Archives du service des Archives départementales, contrôle des archives communales : Monteux (1854-1870).

 

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