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Actualité du 28/12/2018

Le document du mois

En ces temps de contestation, due notamment à la flambée des prix du carburant, souvenons-nous d’un temps où la distribution d’essence était un signe de progrès et participait au développement industriel.

C’est en effet ce que raconte en filigrane le document du mois. Le plan bleu d’une installation type de distributeur d’essence est accompagné d’un rapport du 5 octobre 1925. Ce document administratif, somme toute assez ordinaire, se révèle néanmoins bavard.

Le lieu concerné tout d’abord, il s’agit du Pontet. Autrefois simple quartier d’Avignon,  cette commune du Vaucluse acquiert son statut le 7 février 1925. Véritable nœud d’échanges et de communication, elle compte un port sur le Rhône, une gare de marchandises et de voyageurs ainsi que la route nationale 7 : créée en 1824 sous le nom de route impériale 8, la RN7 qui traverse Le Pontet, relie Paris à Menton, sur environ 1 000 km.

C’est sur cette fameuse nationale que le dénommé Jacques Lambert, propriétaire d’un bar-tabac et régisseur du poids public, souhaite installer un appareil fixe, de couleur jaune pour la distribution de l’essence. Il doit pour cela pétitionner auprès de la préfecture afin d’obtenir une autorisation. L’ingénieur des Ponts et chaussées est alors mandaté pour étudier le projet et rendre son rapport. Celui-ci est favorable en raison de l’emplacement choisi qui n’entrave pas la circulation et de l'enregistrement de la déclaration préalable de construction du réservoir devant alimenter l’appareil. Un poste à essence : n’est-ce pas le signe du développement de l’automobile ?

En 1900, la France est le premier producteur d’automobiles avec près de 50 % de la production mondiale. Or, s’il existe déjà un réseau routier, il ne s’agit que de voies carrossables sans revêtement. Pourtant, malgré la dépense considérable que représente l’achat d’une automobile, la circulation dangereuse et l’absence de confort et de sécurité, le transport sur routes se développe. Dans ce contexte, il devient urgent de s’intéresser à la sécurité des voyageurs en s’attelant notamment à la modernisation des infrastructures de transport. Au tout début du XXe siècle, les routes sont progressivement revêtues de goudrons, de pavés bitumineux ou d'asphalte, comme cela est fait pour les trottoirs depuis le début du XIXe siècle. Et les axes de circulation les plus fréquentés se dotent de points de ravitaillement en essence.

Preuve que l’industrie automobile était en plein boom, ce dossier, coté 2 S 79, ne compte pas moins de 14 demandes d’installation de postes à essence sur une période allant de 1927 à 1934 sur la seule commune du Pontet.

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