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Actualité du 05/11/2019

Le document du mois

L’heure est à la commémoration de la chute du Mur de Berlin. Un souvenir fort qui donne l’occasion d’évoquer le contexte de sa construction et de redécouvrir comment à l’époque la presse relatait l’évènement .

1945, la 2e Guerre mondiale s’achève. Sur les restes encore fumants de l’Allemagne vaincue, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’U.R.S.S. occupent le pays, conformément aux accords de Yalta. Mais les relations entre les forces alliées ne vont pas tarder à se dégrader. Berlin en est la cause principale : la capitale, occupée par l’Armée rouge, doit faire l’objet d’un découpage et d’une répartition entre les puissances occidentales et l’Union soviétique (voir la carte des secteurs d’occupation de Berlin dans Wikipédia). La coalition prend fin en 1948 lorsque Staline interrompt sa participation au Conseil de contrôle allié. Puis en  1949, il organise le blocus de Berlin, obligeant les occidentaux à mettre sur pied un pont aérien afin de ravitailler la population. Cette crise est l’un des épisodes majeurs de la Guerre froide.

La même année, sont créées la République fédérale d’Allemagne (R.F.A. ou Allemagne de l’Ouest) sous la triple autorité des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France et la République démocratique allemande (R.D.A. ou Allemagne de l’Est) sous domination soviétique. Si la sécurisation de la frontière entre les deux États se renforce, les Allemands de l’Ouest et de l’Est peuvent encore transiter. En 1950, la R.D.A. compte 18 388 000 habitants mais ils sont nombreux à fuir le pays par Berlin dont la frontière est moins surveillée qu’en zone rurale. Il suffit en effet de prendre le métro ou le train. En 1961, plus de 3 millions d'Allemands sont passés à l’Ouest. Une hémorragie qui prive la R.D.A. d’une main-d’œuvre précieuse dans un contexte économique moribond : stagnation de la production industrielle, baisse des investissements, pénurie alimentaire.

Pour y mettre fin, Walter Ulbricht, président du Conseil d’état de R.D.A., réagit en ordonnant dans le plus grand secret la pose de barbelés et de grillages dans la nuit du 12 au 13 juin 1961 tout autour de Berlin-Ouest, en préalable à l’édification du mur. Sa construction en béton armé débute le 13 août, et s’effectue sous une étroite surveillance militaire et policière. C’est le secrétaire du Comité central du Parti socialiste unifié d’Allemagne (SED), Erich Honecker, qui a la responsabilité politique de la planification et de la réalisation du Mur ;  il le présente comme un “mur de protection antifasciste”.

Caractéristiques du Mur :

  • Longueur totale de la ceinture autour de Berlin-Ouest : 155 kilomètres, dont longueur entre Berlin-Ouest et Berlin-Est : 43,1 km. et longueur entre Berlin-Ouest et la R.D.A.: 111,9 km.
  • Tours de contrôle : 302
  • Unités de chiens de garde : 259
  • Miradors : 93
  • Bunker : 20
  • Mesures d'un segment de mur : hauteur : 3,6 m au minimum ; largeur 1,20 m ; profondeur au sol 2,10 m.

Les Alliés sont déconcertés par cette opération. Ils décident toutefois de ne pas intervenir militairement en raison du maintien de leur liberté d'accès à l’enclave occidentale que représente Berlin-Ouest.

Les conséquences d’une telle décision politique ne se font pas attendre. Les échanges économiques entre les deux Berlin vont cesser. 63 000 berlinois de l'Est perdent leur emploi à l'Ouest, et  10 000 de l'Ouest perdent leur emploi à Berlin-Est. Et dès lors, malgré une augmentation des points de passage à la frontière et la possibilité de visiter leur famille à l’Ouest, des milliers d'Allemands de l'Est n’auront de cesse de tenter de franchir le Mur au péril de leur vie. Entre 1961 et 1989, plus de 100.000 personnes essaient de fuir la R.D.A., 600 fugitifs sont abattus par les gardes-frontières de R.D.A. ou trouvent la mort autrement. On dénombre au moins 140 morts autour du seul Mur de Berlin au cours de cette période.

Il faudra attendre 1989 et un vent de libération impulsé par le Président de l’U.R.S.S., Mikhaïl Gorbatchev, pour que l’étau sur la population est-allemande se desserre. Le gouvernement de la R.D.A. ne parvient plus à enrayer l'émigration. En octobre de la même année, sur l'Alexanderplatz à Berlin-Est, 250 000 à 500 000 manifestants, opposés au régime communiste, manifestent en appelant à la liberté d'expression et la liberté de réunion. Le 9 novembre, le secrétaire du comité central Günter Schabowski annonce lors d’une conférence de presse, une nouvelle règlementation visant à assouplir les sorties du territoire de R.D.A. Quelques heures après, les douaniers de Berlin ne parviennent plus à faire face à la pression exercée par la population désireuse de passer en R.F.A. Le responsable du service des passeports du poste-frontière, qui n’a toujours pas reçu de consigne, décide d’ouvrir définitivement les barrières. Le Mur est vaincu et les premiers coups de pioche sont donnés. Le 10 novembre, le SED annonce des élections libres.
De 1989 à 1990, il est démantelé à raison de cent mètres en moyenne par nuit, avant l'organisation d'une démolition officielle qui se termine fin 1991. Six pans ont été conservés pour mémoire.

 

 

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