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Actualité du 08/03/2019

Le document du mois

Depuis vingt ans, le mois de mars rime avec « Printemps des poètes ». Alors pour le fêter, quelle meilleure illustration que celle-ci ?

Que voyons-nous ? Le dessin au fusain rehaussé de craie blanche d’un homme, à la tête démesurément grosse par rapport au corps, arrosoir dans une main, serfouette dans l’autre. Celui-ci fixe presque gravement le spectateur comme pour suggérer le sérieux de son entreprise.
Grâce au pannonceau, nous comprenons qu’il vient de planter des marguerites provençales. L'indice nous met sur la voie de l’identification.
Cette caricature, des années 1860 et signée Charles Combe, représente un provençal et non des moindres : Joseph Roumanille.
Sa tenue de jardinier suggère certainement le métier de ses parents « un jardinier et une jardinière de Saint-Rémy-de-Provence » comme il aimait à le rappeler.
Les marguerites quant à elles sont chargées de sens : en 1847, Roumanille a publié un recueil de poèmes intitulé Li Margarideto. À moins qu’elles ne soient le symbole de la culture provençale dont Roumanille prend soin en fondant le Félibrige, avec Frédéric Mistral, en 1854?


Roumanille le félibre s’installe en tant que libraire et éditeur rue Saint-Agricol à Avignon en 1855. Après son décès en 1891, sa femme, sa fille, enfin son fils Jacques reprennent l’activité. À la mort de ce dernier en 1952, la librairie est vendue. Le fonds d’archives est en partie dispersé, en partie recueilli par Louis Siaud, successeur de la famille à la librairie.
De 2011 à 2014, les documents conservés par Louis Siaud sont mis en vente publique. Les archives départementales de Vaucluse font alors l’acquisition de plusieurs lots, privilégiant des ensembles cohérents (papiers de la librairie, correspondance) ou de première importance pour l’histoire de la renaissance de la littérature provençale.
Aujourd’hui, en complément des manuscrits précédemment acquis et conservés par la bibliothèque municipale d’Avignon, les archives départementales comptent un fonds d’un réel intérêt car il constitue, autour de Joseph Roumanille, un ensemble de première importance pour l’histoire de la littérature provençale et de son renouveau au milieu du XIXe siècle dont Avignon fut le berceau. Il fait écho au fonds de Théodore Aubanel – autre félibre, imprimeur et éditeur avignonnais – entré aux archives départementales de Vaucluse en 2001. Moins volumineux que le fonds Aubanel, le fonds Roumanille illustre tout autant l’histoire de l’édition et de l’imprimerie avignonnaises sur deux générations, avec la spécificité de l’édition, sur plus de cinquante ans, de l’Armana prouvençau, sorte d’anthologie annuelle de la littérature provençale, dont le premier fascicule fut publié chez Aubanel en 1855, et les suivants par les soins de Roumanille, sous la direction de Frédéric Mistral.

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