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Actualité du 08/06/2017

Le document du mois

Émoi dans le service des archives de Vaucluse : un testament scellé qui dormait depuis 270 ans a enfin révélé son mystère !

Le 24 novembre 2016, un lecteur demande la communication d’un registre d’un notaire qui exerça à Sault au XVIIIe siècle. Or l’acte qu’il recherche, daté du 27 septembre 1746 est clos : en dehors du rédacteur - qui est le testateur, le notaire ou un tiers -, et les témoins, nul n’en connait la teneur puisqu’après signatures, le notaire scella le document. Depuis sa rédaction, il est donc demeuré secret et, jusqu’à ce jour, personne n’a eu connaissance des dernières volontés d’André, Joseph de Virgile.

L’instant est certes émouvant mais procéder à l’ouverture d’un testament clos exige d’agir dans les règles de l’art. Ainsi, sous le regard expert d’un conservateur, un agent décachète adroitement le document et dénoue avec délicatesse les rubans qui retiennent les pages prisonnières. À la fin de l’opération, sur l’acte, le conservateur appose son nom, sa qualité et la date de l’ouverture permettant alors sa communication en salle de lecture.

Mais pourquoi tant de mystère ? Quelles diaboliques dispositions a donc pris l’auteur du testament ?

On peut dire que « Noble André Joseph de Viergily », est un homme prudent. Sain de corps et d’esprit, « étant dans un bons sens, bonne mémoire et entendement et plein de santé par la grâce de Dieu considérant néanmoins qu’il n’y a rien de plus certain que la mort n’y rien de plus incertain que la vie  […] », il souhaite rédiger son testament.

Outre son souhait d'organiser des actions charitables telle celle consistant en une « charge de blé concegal pour être convertie en pain et distribuée à la porte de l’église paroissiale des moniciens », le testateur orchestre ses funérailles jusqu’à énoncer le contenu des messes dites en sa mémoire. Viennent ensuite les dispositions à l’intention des légataires.

Demoiselle Louise de Gassin, épouse et héritière, reçoit en legs « les fruits et usufruits usages et commodités de tout et uns chacuns des meubles et immeubles présants et advenirs » sous réserve bien sûr de subvenir aux besoins de la famille et d’administrer proprement les biens. Attention ! Si remariage il y avait, Louise de Gassin perdrait l’usufruit mais devrait continuer à veiller aux bons soins des descendants. Car il y a en effet d’autres héritiers : Gabriel Benoît, Pierre François et Catherine, enfants des époux de Virgile. Les garçons percevront chacun 1000 livres pour leur vingt-cinquième année selon la clause suivante : 300 livres à 25 ans puis 100 livres annuelles sur 7 ans. Catherine quant à elle, recevra 300 livres à son mariage ainsi que du mobilier puis elle percevra comme ses frères 100 livres annuelles sur 7 ans.

Le testateur détaille ensuite les obligations des hoirs en cas de remariage, mariage et décès, puis il révoque tout autre testament antérieur à celui-ci ; le notaire fait alors procéder à la signature des témoins. En dehors de Monsieur de Virgile et de Me Morard, ils sont au nombre de 7 : Barthelemy Cartoux, Dominique Blanc et Antoine Gallet, maîtres tisseurs à draps ; Benoît Florent, cardeur à laine ; Silvestre Burle, tailleur d’habit ; Esprit Lassonne, marchand et Louis Prosper Molard, maître cordonnier.

Cette petite anecdote, qui met en lumière certaines pratiques insolites des archives, offre l’occasion d’une rencontre inattendue avec le passé. Mais comment un tel acte, ordinaire et pratique, a-t-il pu demeurer clos aussi longtemps ? En réalité, point de mystère dans cette affaire : le dernier fils de Monsieur de Virgile, Jean André Baptiste nait le 10 avril 1753, et un nouvel héritier est un bon motif pour rédiger un nouveau testament.

Un clic sur l’image pour visionner la vidéo de l’ouverture du testament

Un clic sur l’image pour prendre connaissance du testament

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez consulter la
circulaire (Instruction DAF/DPACI/RES/2009/013) relative à l’ouverture des testaments clos
sur le Portail national des archives Francearchives

Ill. : détail du testament de Monsieur de Virgile, reçu le 27 septembre 1746 par Me Morard, notaire à Sault (AD Vaucluse 3 E 65/456)

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