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Actualité du 20/11/2017

Le document du mois

Nous sommes le 10 octobre 1865, à la nuit tombée, Joseph David, propriétaire dans la commune de Simiane, est réveillé par les cris d’Alix Barthalay, la femme de Joseph Blanc.

Affolée, elle lui explique que son mari est parti dans la matinée pour Apt afin d’y vendre du bois et qu’il n’est pas encore de retour. Elle est d’autant plus inquiète que la charrette est revenue à la ferme sans conducteur, le mulet ayant retrouvé le chemin tout seul. Elle veut partir à sa recherche. Jugeant l’entreprise peu prudente à cette heure tardive, Joseph lui conseille de rester à la maison, il prend les choses en main. Il s’empresse donc d’envoyer, par la route, son fils et son domestique. Mais ceux-là ne tardent pas à revenir avec de bien mauvaises nouvelles. Ils ont trouvé le malheureux Joseph Blanc, gisant sans vie au milieu du chemin de la montagne à Gignac, le village qui touche Simiane. Mais s’agit-il vraiment d’un accident ?

Ainsi débute cette affaire, en réalité bien plus ancienne qu’il n’y paraît. En effet, l’enquête menée par les gendarmes les amène à recueillir différents témoignages qui confirment la liaison de longue date entre Alix et le dénommé Louis Maurel, dit Petit Louis. Ajoutons à cela, les preuves matérielles - une taravelle, arme du crime -, les révélations d’Augustine Blanc, jeune sœur de la victime, et les aveux des suspects : on a bien à faire à un crime prémédité.

Au cours de l’instruction, on apprend également qu’après deux tentatives vaines d’assassiner le mari gênant, les deux amants ne se découragent pas. Ils ont toujours le funeste projet de s’en débarrasser. C’est ainsi que Petit Louis, la nuit du 10 octobre 1865, assène un coup de taravelle (un outil de vigneron) sur la tête de Joseph et le tue. Avec beaucoup de sang-froid, il  transporte son cadavre pour le déposer en travers de la route puis, à plusieurs reprises fait passer la charrette sur le corps afin de faire croire à un accident.

Le procès dure deux jours et confirme la culpabilité des assassins. Au verdict, le juge prononce pour chacun une condamnation aux travaux forcés à perpétuité. Les deux amants sont séparés à jamais. Alix est envoyée en Guyane et Petit Louis en Nouvelle Calédonie.

L’une des pièces de la procédure est cette aquarelle qui représente la scène du crime de Joseph Blanc  (2 U 459). La lecture du dossier, qui apporte une multitude d’éléments destinés à étayer la culpabilité des amants, pourrait fournir la matière à l’écriture d’un roman sur un crime passionnel.

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