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Actualité du 30/01/2019

Le document du mois

L’an 1879 et le 19 février, par devant Marie Mathieu Latour, licencié en droit et notaire à Camaret, une vente a eu lieu. Des ventes de biens, les minutes de notaire en regorgent ! Alors, pourquoi celle-ci ?

Parce qu’elle décrit la propriété vendue bien sûr mais aussi parce qu’elle met en scène des protagonistes de renom et fait entrer dans l’intimité d’une famille.  

La vente est celle d’une "maison et toutes ses dépendances avec cour, fontaine, pièce d’eau, jardin, bosquets de terre labourable, le tout contigu ayant une contenance d’environ 95 ares y compris la superficie des bâtiments".
"Terres labourables", entendez "étendue inculte, caillouteuse, abandonnée à la végétation du thym". C’est un harmas qui est vendu là. Plutôt l’Harmas, celui de Jean-Henri Fabre ! C’est ainsi que celui-ci désigne la propriété qu’il achète à l’âge de 56 ans et ce "coin de terre tant caressé dans [ses] projets pour devenir un laboratoire d’entomologie vivante… ". Il souhaite trouver un endroit soustrait aux inconvénients de la vie publique.
C’est que Jean-Henri Fabre a une longue carrière derrière lui. L’acte précise qu’en 1879, il est ancien professeur, docteur ès sciences, chevalier de la légion d’honneur et domicilié à Orange. Finalement, peu de choses que nous ne sachions déjà (Lire le zoom sur Jean-Henri Fabre).

Mais lisons plus loin… Il acquiert son coin de paradis pour la somme de 7200 francs prix auquel il doit ajouter une "rente annuelle et perpétuelle de 30 francs au capital de 600 francs due à la commune de Sérignan pour redevance des eaux alimentant le bassin et la fontaine de la propriété". Si le projet d’un canal venait à se réaliser, Jean-Henri Fabre serait tenu des mêmes obligations auxquelles les anciens propriétaires s’étaient engagés.

Ces propriétaires justement sont le baron de Dianous et les membres de sa famille. Nous faisons connaissance avec eux et entrons presque dans leur intimité puisque leurs identité, liens de parenté, lieux de résidence et professions sont indiqués. Il est précisé qu’ils sont tous propriétaires du bien "indivisiblement et à droit égal comme l’ayant recueillie dans la succession de Monsieur Alexandre de Dianous, leur frère, décédé à Constantinople" en 1862. Ce frère tenait la maison de son père, le baron "suivant partage anticipé" devant notaire le 8 avril 1845 d’une part, d’autre part de Monsieur Victor de la Taillonne par acte passé devant le même notaire le 18 juin 1856, enfin de Pierre Favier par acte du même notaire du 16 juillet 1849.

Nous aurions voulu faire la généalogie de cette famille ou de la propriété, cet acte nous aurait apporté des informations précieuses. Et pourtant, cette fois, il nous est cher parce que nous nous intéressons à Jean-Henri Fabre.

Là est la richesse des documents d’archives : mille questions peuvent leur être posées, mille réponses seront données.  Alors, laissez-vous tenter et questionnez !

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