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Actualité du 19/10/2017

Le document du mois

Le document présenté ce mois-ci illustre le traitement particulier de l’administration vis-à-vis de la population nomade au début du XXe siècle : il s’agit du carnet anthropométrique de Maxime Schultz, colporteur et infirmier de son état, délivré par la préfecture de Vaucluse le 28 novembre 1924.

 

La loi du 16 juillet 1912 sur l'exercice des professions ambulantes et la réglementation de la circulation des nomades instaure un dispositif particulièrement strict de surveillance, d’identification et de contrôle de la population sur le territoire. Les mesures adoptées diffèrent selon le statut de l’individu. La loi fait en effet la distinction entre le résident français exerçant une profession itinérante, le nomade français - sans résidence ou domicile fixe -, et le nomade étranger.

Le carnet anthropométrique est une pièce d’identité officielle délivrée aux nomades. Obligatoire pour toute personne âgée de plus de 13 ans, il doit être présenté et visé par la police ou la gendarmerie à chaque entrée et sortie du territoire communal. Si le titulaire est chef de famille, il doit également être porteur d’un carnet collectif sur lequel figurent tous les membres de la famille.

Outre l’état civil de la personne (nom, prénoms, date et lieu de naissance, profession, nationalité), le document fournit la photographie de face et profil, les empreintes digitales ainsi qu’une description physique détaillée, basée sur le système anthropométrique d’Alphonse Bertillon (1853-1914) - dont les travaux ont contribué à la mise en place du service de l’identité judiciaire (fichage). Le carnet comprend également plusieurs feuillets de visas d'entrée et sortie des communes ainsi qu'une une partie réservée à la vaccination antivariolique obligatoire et aux mesures générales de prophylaxie.

À l’intérieur du carnet se trouve un procès-verbal dressé par la gendarmerie le 25 juillet 1925 ; il apporte un éclairage sur l’arrivée de ce document aux archives. Lors d’un contrôle pour vagabondage, Maxime Schultz, sans papier, ne peut attester de son identité auprès des gendarmes de l’Isle-sur-la-Sorgue, il doit alors s’en expliquer. Il déclare avoir accompli les démarches nécessaires auprès de la préfecture de Vaucluse pour obtenir un carnet anthropométrique mais il a dû quitter Avignon pour un emploi à Draguignan (Var) avant la délivrance du document. Les gendarmes, après avoir vérifié auprès de la sûreté générale d’Avignon si l’individu n’est pas recherché pour quelque délit, dressent un « procès-verbal de renseignements ». Par la suite, M. Schultz quitte probablement le département sans avoir récupéré ce précieux sésame ; ce dernier, dans un état irréprochable - et pour cause -, a donc été conservé par l’administration. Puis, le hasard de l’échantillonnage des archives de la préfecture a épargné le carnet que nous conservons.

Au-delà de sa dimension historique évidente, le carnet anthropométrique constitue une source remarquable de la généalogie, pour les informations qu’il recèle mais aussi parce qu’il offre une opportunité trop rare : mettre enfin un visage sur un nom.

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