En poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres de cookies, vous acceptez l'utilisation des cookies pour disposer de services et d'offres adaptés à vos centres d'intérêts. Plus d‘information sur l’utilisation des cookies.

fermer le bandeau
Retour à l'accueil des Archives départementales
Vous êtes ici :

Actualité du 30/11/2018

Le document du mois

Il fut un temps où, en signe de solidarité, les États-Unis affrétaient un train chargé de denrées alimentaires, à destination d’une Europe affaiblie par la 2e Guerre mondiale.

Ce doc du mois, tiré d’un dossier du fonds de la Préfecture de Vaucluse intitulé "Train de l’amitié 1947-1948", est un magazine de photoreportages américain qui parut de 1937 à 1971.  Look, édité et traduit en français pour les besoins de l’œuvre caritative, illustre avec ardeur et force photos cette aventure.

L’opération "Friendship Train" est suggérée en novembre 1947 par un journaliste de Washington, Drew Pearson. Pour concrétiser le projet, une association est créée : le comité directeur du Train de l'Amitié américaine. Son objectif : sillonner les États-Unis d’Ouest en Est afin de collecter vivres, médicaments et vêtements auprès de la population américaine puis les faire parvenir aux pays européens les plus nécessiteux. Les Français et les Italiens ont été les principaux bénéficiaires de cette démarche philanthropique.

Le train, avec un unique wagon au départ, débute son périple en Californie et arrive à New York trois semaines plus tard. Grâce à un formidable élan de générosité, 499 wagons supplémentaires sont affrétés, soit l’équivalent de 1500 wagons européens. Les cargaisons sont ensuite acheminées progressivement par bateau jusqu’au port du Havre pour une distribution sur le sol français.

Mais quel rapport avec le Vaucluse pourrait-on se demander ? La raison est simple, Avignon compte parmi les villes choisies pour recevoir les denrées, elle se doit donc d’accueillir dignement le convoi, et celui-ci est justement attendu le mardi 23 décembre 1947 à 15h00.

Le vendredi précédant la cérémonie d’accueil du "Train de l’Amitié en gare d’Avignon", une réunion se tient en préfecture. C’est le comité d’honneur et de propagande qui est responsable de la réception du train et de ses correspondants. Sous la houlette de M. le préfet, attentif au protocole, et en présence de membres éminents, on finalise tous les aspects de la manifestation, selon les dispositions de la circulaire du Ministère de l’Intérieur n°625 du 16 décembre 1947. On compte parmi les personnalités requises : M. Gabriel Biron,  président du Conseil général ; M. Maddalena, adjoint au maire d’Avignon ; le colonel commandant d’armes ; Mgr l’archevêque d’Avignon ; le président de la Chambre de commerce ; le président de la Croix rouge française ainsi que le président de l’Entr’Aide française, société de secours en charge de la répartition des colis alimentaires.

Après une réception en grande pompe et un vin d’honneur offert par la mairie à M. et Mme Pearson, l’heure est à la ventilation des denrées soit : 11 790 kilos de farine, 9 264 boîtes de lait sucré, 900 kilos de sucre en poudre, 3 312 kilos de légumes secs, 1 054 kilos de pâtes et 958 boîtes de jus de fruits destinés aux enfants de moins de 14 ans. Quatre camions de l’armée assurent la livraison des écoles avignonnaises publiques et privées, des orphelinats, des crèches, des garderies et des pouponnières. Sous le commandement du colonel Duplessier, la manutention militaire fabrique du pain blanc pour 6 000 écoliers, et ce durant 20 jours. Au total,  27 tonnes de denrées ont été distribuées.

En guise de remerciements, les enfants bénéficiaires ont écrit des lettres et réalisé des dessins. Ces œuvres, recueillies par l’Entr’Aide française furent exposées sur les murs du Foyer social, au 17 rue de la République à Avignon. Sur l’air du Pont d’Avignon, une chanson fut même composée : Sur le Pont de l’Amitié, on s’empresse, on s’empresse ; Sur le Pont de la Charité, on est comblé de bienfaits…

S'abonner au flux RSS