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Le Vaucluse, territoire d’une superficie limitée à 3.567 km2 est, après le territoire de Belfort, le plus petit département français. De caractère méditerranéen à forte identité provençale, son aire s’étend depuis le sillon rhodanien en rive gauche du fleuve vers l’est et les premiers plissements alpins parcourus de rivières et dominés par le mont Ventoux. Sur un espace restreint la nature offre une diversité contrastée qui détermine depuis les origines les modalités du peuplement et des activités humaines.

L'espace naturel

Cette variété prend forme dans le relief,  depuis le mont Ventoux dominant la plaine du Rhône, la chaîne du Luberon, les plateaux, les massifs, collines, plaines et vallées peuplés d’une faune  abondante et diverse. Elle se manifeste dans les ressources minérales,  sables, argiles, gypse, soufre, fer, ocre et pierre, élément déterminant de l’architecture vauclusienne. Elle conditionne un couvert forestier  varié, de la forêt à la garrigue, comme elle favorise les cultures méditerranéennes du vignoble et de l’olivier, celles éphémères du mûrier et de la garance, mais aussi maraîchère et fruitière.

Vaucluse fait exception dans la liste des départements de la vallée du Rhône, baptisés du nom d’une rivière ou du fleuve. Il prend le nom d’une résurgence, phénomène spectaculaire et mystérieux de la Fontaine-de-Vaucluse.

Le régime hydrologique  des cours d’eau présente une multiplicité de formes : du fleuve, aujourd’hui endigué,  aux rivières, l’Ouvèze et l’Aigues dont les crues  demeurent redoutables quand la Durance a perdu sa vivacité ; la Nesque qui serpente au fond de gorges sauvages ; le Régalon étroit ruisseau aux soudaines allures de torrent ; enfin les sorgues  aux berges fraîches et arborées.


Quant au climat  méditerranéen qui règne sur ces contrées, Madame de Sévigné  en a dénoncé les excès dans sa correspondance, n’y trouvant « rien de doux ni de tempéré ».

L'espace habité, organisé, convoité

Depuis les temps les plus reculés, les hommes ont perçu le caractère propice et spectaculaire de cet environnement naturel. Les groupes humains de la période paléolithique ont cheminé au fil des saisons et du cours des eaux pour trouver leur subsistance. Puis des communautés sédentaires se sont réparties en territoires d’autosuffisance grâce à la pratique de l’agriculture et de l’élevage.


De leur agrégation sont nées des entités culturelles puis politiques et militaires. La colonisation romaine  morcelle les confédérations et leurs territoires, elle établit son contrôle sur les peuples (Cavares, Tricastins, Voconces Méminiens, Vulgientes …) et sur les sols au moyen de la cadastration des plaines. La circulation des biens et des armées jouit de nouvelles voies de circulation et de grands centres urbains se développent.

Ces chefs-lieux de cités constituent ensuite les sièges des évêques : le christianisme, bien installé dès le IVe siècle, calquant son organisation sur celle du pouvoir civil.

Partages, guerres, invasions barbares et sarrasines sont, pendant le haut Moyen Âge, le lot de la région, dorénavant terre d'Empire. Après avoir été successivement rattachée aux royaumes de Provence, de Bourgogne et à l'empire de Conrad le Salique, elle devient possession des comtes de Toulouse.

Au XIe et surtout au XIIe siècle, la géographie historique du territoire vauclusien se précise :

  • le comte de Toulouse possède les 60 villages du Comtat Venaissin ;
  • plus à l'est, Pertuis, Apt, Gordes, Sault relèvent du comte de Forcalquier, puis du comte de Provence ;
  • Orange  s'organise en principauté autononome ;
  • Avignon, indivise entre les comtes, se constitue en commune puissante et indépendante ;
  • l'économie rurale et citadine s'améliore, le développement des échanges étant symbolisé par la construction du pont d'Avignon en 1186.

Convention passée à Beaucaire entre Alphonse, comte de Toulouse, marquis de Provence, Charles, comte de Forcalquier et la ville d’Avignon, 7 mai 1251.

La croisade des Albigeois, qui met aux prises le roi de France et le comte de Toulouse, et le traité de Paris de 1229 entraînent une redistribution des pouvoirs au cours du XIIIe siècle. Avignon perd son autonomie en 1251 et  le Comtat Venaissin est attribué à la papauté en 1274.

En 1309, le Pape Clément V qui fuit Rome où s'affrontent Guelfes et Gibelins, s'installe en Avignon. La présence prolongée de la papauté dans la cité à partir de cette date, place la région au cœur de la chrétienté, favorisant un développement démographique, économique et artistique extraordinaire.

Première allusion connue au séjour de la cour pontificale à Avignon [au sujet de la crainte de voir le cimetière de l’église Saint-Pierre envahi par les étals des marchands suivant la cour romaine]

ligne 10 et suivantes « Et le dit seigneur vice official étant donné que à cause de la foule des gens demeurant dans la cité d’Avignon, la cour romaine ne peut être reçue qu’avec peine et que les courtisans ou curiaux n’y trouveront pas commodément où tenir ou disposer les choses nécessaires à l’usage de la dite cour… ». Parchemin, 7 novembre 1308 (AD Vaucluse 9 G 7/24).

Anne-Marie Hayez, « Que savons-nous de l’arrivée de Clément V à Avignon ? » dans Mémoires de l’Académie de Vaucluse, tome 5, 2007, p. 65-70.

L'achat d'Avignon par le pape en 1348 complète ses territoires comtadins  et détermine jusqu'à la Révolution le caractère particulier de l'histoire de cette région. Avec la réunion à la couronne de France du Dauphiné (1349), puis de la Provence (1481), enclavant les États du pape, les Avignonnais et les Comtadins cherchèrent continuellement à resserrer les liens avec le royaume, tout en tentant de préserver les privilèges fiscaux dont ils bénéficiaient.

Après le départ des papes d'abord en 1378, puis, définitivement, lors du Grand Schisme, en 1403, l'administration d'Avignon et du Comtat Venaissin est confiée aux légats puis aux vice-légats. Ceux-ci durent faire face, à trois reprises, à des réunions temporaires au royaume de France. Également enclavée et possession des Nassau, la principauté d'Orange fut réunie au royaume au début du XVIIIe siècle.

La situation géopolitique à la veille de la Révolution française

Vaucluse, de la Révolution à nos jours

La diversité institutionnelle du territoire vauclusien entraîne un calendrier révolutionnaire différencié.
À l'instar du reste de la France, les terroirs déjà français se constituent dès 1790 en cantons et districts au sein des départements des Bouches-du-Rhône - Apt, Pertuis, puis Orange - ou des Basses-Alpes - Sault.

Les États du pape se divisent et se combattent. Avignon, vite gagnée aux idées révolutionnaires, expulse le vice-légat, demande la réunion à la France dès 1790 et organise avec les bourgs du Bas Comtat un premier département de Vaucluse. Les habitants du Haut-Comtat autour de Carpentras restent favorables au pape. Pour mettre fin au conflit armé qui les oppose, l'Assemblée nationale délègue trois médiateurs qui parviennent à réunir des représentants des communes ; ceux-ci votent la réunion à la France, décrétée par l'Assemblée le 14 septembre 1791.

Le district de Vaucluse avec Avignon est réuni aux Bouches-du-Rhône, celui de l'Ouvèze avec Carpentras est réuni à la Drôme ; complétés par les districts d'Orange et d'Apt, ils formeront le département de Vaucluse décrété par la Convention le 25 juin 1793. En l'an VIII (1800), l'organisation des départements est parachevée : le canton de Suze-la-Rousse est rendu à la Drôme et le canton de Valréas devient dès lors une enclave dans ce département.

Avignon étant excentrée à l’ouest du département et mitoyenne avec le Gard et les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse fait encore exception à la norme républicaine établissant le siège de la préfecture en un point central du territoire départemental, distant au plus d’une journée de cheval des limites extrêmes.

En 1800, quatre arrondissements sont constitués  - Avignon, Apt, Carpentras, Orange - ils seront ramenés à trois lors de la réforme de 1926. Depuis 1963, le Vaucluse fait partie de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Les arrondissements de Vaucluse en 1926


Violentes sous la Révolution, les luttes politiques demeurent vives au XIXe siècle, en 1848 et 1851, mais ce siècle reste surtout marqué par l'essor économique, tant dans l'agriculture qui surmonta les crises de la culture de la garance et de la vigne, que dans l'industrie de la soie, des indiennes, de la faïence. Le développement de l'irrigation et du chemin de fer assura une croissance durable.

Durant la guerre de 1914-1918, plus de 7000 Vauclusiens furent tués. Après celle de 1939-1945, parmi une population éprouvée, un groupe de résistants, issus notamment du maquis du Ventoux ou dans différents secteurs, constitua à la Libération le nouvel encadrement du département. Après-guerre, le Vaucluse connaît un accroissement démographique continu qui donne actuellement une population de près de 500 000 habitants.

Les armoiries

Ces armoiries réunissent celles du Comtat Venaissin, de la Provence, de la Principauté d'Orange et d'Avignon.

"Écartelé, au 1 : de gueules à la clef d'or et à la clef d'argent posées en sautoir ; au 2 : d'azur à la fleur de lis d'or surmontée d'un lambel de gueules ; au 3 : d'azur à la branche d'oranger feuillée de sinople, chargée de trois oranges d'or au chef d'or, chargé d'un cornet d'azur virolé et lié de gueules ; au 4 : de gueules, à trois clefs d'or, posées en fasce".


[Extrait de "Armorial des communes de Vaucluse" - Édition du Conseil général de Vaucluse]

 

Ce dossier s'est inspiré de la contribution de  Dominique Carru dans Vaucluse en détours, Avignon, éd. Barthélemy - Conseil général de Vaucluse, 2000.