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Mis à jour le 03/09/2018

Quelques mots sur ce site remarquable qui accueillit les archives du département dès 1883

L'histoire du palais vieux


Les papes choisirent de s’installer à Avignon pour des motifs politiques à un moment où l'insécurité régnait à Rome. Avignon appartenait alors à Charles II d’Anjou, comte de Provence et fidèle vassal de l’Église ; et le Comtat Venaissin, terre limitrophe, était propriété pontificale depuis l’année 1274. L'intérêt était également géographique car la situation d’Avignon au confluent du Rhône et de la Durance – deux grandes voies de communication -, était particulièrement propice aux relations internationales.

Lors de son arrivée en 1309 à Avignon, Clément V fut un pape itinérant qui ne fit qu’un séjour temporaire dans la ville. En revanche, son successeur, Jean XXII, ancien évêque de la ville de 1310 à 1313, s'installa dans le palais épiscopal accroché au flanc sud du Rocher des Doms. Ce deuxième pape avignonnais entreprit alors d'embellir et d'agrandir l'ancien palais de l'évêque dès 1316.

Puis ce fut au tour de Benoît XII de transformer le palais épiscopal en palais pontifical entre 1336 et 1342, avec le concours de l'architecte Pierre Poisson. Disciple de saint Bernard, ce troisième pape, élu en 1334, fit bâtir de vastes et sévères bâtiments, reflets de l'austérité de son ordre. La construction du palais débuta par la tour des Anges ou tour du Pape, se poursuivit par la Grande Chapelle (la Chapelle Benoît XII à l'extrêmité nord) et après elles par les ailes du Conclave, du Consistoire, des Familiers, les tours de la Campane et enfin de Trouillas pour composer le Palais Vieux. Cet ensemble confirma, à la suite de Jean XXII, le choix du pontife de faire d'Avignon sa résidence principale.

Son successeur, Clément VI continua, à partir de 1342, la construction du Palais des Papes tel que nous le connaissons : il paracheva la tour de Trouillas, à laquelle est adossée la tour des cuisines, édifia la tour de la Garde-Robe, la Grande Chapelle Clémentine tout à fait au sud et l'aile des Dignitaires toutes deux délimitant la cour d'honneur.

Le palais de Benoît XII, imposant et sobre, où tout décor sculpté paraît banni, est cet édifice sévère dont la façade s'aligne sur celle de la cathédrale. C'est une partie de ce "palais vieux" que les archives départementales de Vaucluse occupent depuis 1883.

Vue générale d'Avignon, lithographie de Skelton, XIXe s. (AD Vaucluse 2 FI Avignon 1)

Le palais après la Révolution

Après leur réinstallation définitive à Rome au XVe s., les papes désignèrent des légats et des vice-légats pour les représenter et gérer Avignon et le Comtat Venaissin. La Révolution eut lieu dans les territoires pontificaux avec un an de décalage par rapport au Royaume. En 1790, le vice-légat fut expulsé par la population avignonnaise, pro-française. Le massacre de la Glacière au sein du Palais des Papes entacha l'image de l'édifice que certains souhaitèrent voir rasé.
Un projet de destruction fut d'ailleurs approuvé par la Convention Nationale en 1793. Les problèmes financiers et pratiques firent abandonner le projet en 1794. Mais une nouvelle interrogation émergea : que faire de l'édifice ?

Il fut divisé en deux parties : l'une dévolue à la Ville et affectée au logement des 1800 militaires présents sur Avignon ; l'autre dévolue au Conseil général qui y aménagea la prison départementale.

Pour cela, le Palais subit des transformations encore visibles par endroits. Dans la partie départementale (aile des Familiers et une partie du cloître Benoît XII), des cellules furent aménagées tandis que la Chapelle Benoît XII (à ciel ouvert suite à un incendie) et la cour du cloître servaient respectivement de cour de promenade pour les femmes et pour les hommes.

C'est après le départ des prisonniers pour la toute récente prison Sainte-Anne qu'un nouveau projet a été imaginé : celui d'y installer définitivement les archives départementales.

Le massacre de la glacière en 1791. Gravure sur bois d'après une gravure populaire anonyme de l'époque, fin XIXe s., dim. 28 x 38 (AD Vaucluse 22 FI 27)

Projet d'installation des archives départementales dans les anciennes prisons d'Avignon. Plan du premier étage, par Tiers, architecte du département, le 14 mars 1872 (AD Vaucluse 4 N 87 GF2)

Des archives dans un palais


L’idée d’installer les archives dans le palais vieux est déjà en discussion en 1871 sous la direction de Félix Achard, premier archiviste paléographe du département mais c’est son successeur Léopold Duhamel, nommé en 1876, qui conduira le projet. Sous la houlette de l’architecte Henri Revoil, le chantier de reconstruction de la chapelle Benoit XII démarre en juin 1880 pour être clos deux ans plus tard. Les archives sont déménagées de février à septembre 1883. L'ancien préau de la prison pour femmes, qui a reçu une voûte en pierre, accueille plus de deux kilomètres de documents. Quinze épis de 4,50 mètres de hauteur occupent l'espace inférieur central, tandis qu'une mezzanine en bois permet d'exploiter le volume de la pièce au maximum. Sans aucun doute remarquable, la Chapelle, avec ses hauteurs vertigineuses, défie toutefois toutes les normes de conservation et de sécurité.

Au début du XXe s., la tour de la Campane est restaurée et l’aile des familiers hérite du minutier notarial. En complément des magasins qu’offre le palais vieux, les archives vont provisoirement bénéficier en 1909 d’une annexe dans le palais de justice de Carpentras puis en 1926, dans l’ancien séminaire Saint-Charles à Avignon ; ce dépôt est définitivement abandonné en 1966 en raison de fréquentes inondations.

Pour faire face à l’accroissement des versements, Jacques de Font-Réaulx, archiviste puis directeur des archives de Vaucluse (1957), fait assainir les basses-fosses de la tour de la Campane et les équipe de rayonnages. En 1955, il affecte la documentation hypothécaire dans la tour Trouillas. Cette dernière - qui avait perdu la plupart de ses étages d’origine-, ainsi que l’aile des familiers doivent être impérativement réaménagées.

Ce vaste chantier de modernisation du palais est engagé en 1976 par Michel Hayez, alors directeur ; il s’achève en 1983. La tour Trouillas fournit désormais un maximum de magasins d’archives et la salle Rienzi devient une vaste salle de tri. Suite aux réaménagements de l’aile des familiers, les archives disposent aujourd'hui d’une salle de lecture donnant sur le cloître Benoît XII, de bureaux supplémentaires, d’une bibliothèque en mezzanine dans la salle des inventaires, d’un laboratoire photographique au 2e étage et d’un service éducatif au 3e ; la distribution et les espaces de circulation ont également été repensés.

Mais rien n’est jamais définitif face à l’accroissement des versements documentaires même si les efforts d’endiguement de la marée paperassière existent.

Michel Hayez, in "Plaisirs d'archives, 1997

À ce jour, dans l’attente d’un nouveau bâtiment d’archives adapté au volume des fonds conservés (25 kml) et aux normes contemporaines de conservation,  deux annexes ont été ouvertes, l‘une en 2013 dans une partie de l’ancien bâtiment du service des cartes grises (annexe saint-Michel) et l’autre en 2016 en zone industrielle de Courtine. Leur utilité est double : permettre la continuité des versements et le démarrage du chantier de conditionnement des archives en vue du futur déménagement.

Une source d'inspiration

Les archives départementales de Vaucluse, et la chapelle Benoît XII en particulier nourrissent l'imaginaire. Nous vous présentons une sélection de vidéos réalisées par des youtubeurs ou des étudiants de l'IMCA Provence.