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Clin d'œil

Constat de décès

Fallait-il que le défunt soit d‘importance pour que le notaire se transporte à sa dernière demeure afin d’en authentifier le trépas.

Publié le

Transcription de l’acte rédigé par Jacques Veran Nourrit, notaire d’Avignon résidant à L’Isle-sur-la-Sorgue (3 E 37 / 556, fol. 649v et 150)

Comparution et avis pour constater
la mort de messire Philipe
Stanhope ésquyer envoyé extraordinaire
de sa maiesté britannique à la cour
de Dresde en Saxe1

L’an mil sept cent soixante huit et le seize
du mois de novembre par devant nous Jacques Veran
Nourrit licencié es droits notaire public  apostolique
et royal de la ville d’Avignon résidant en celle de
L’Isle * au Comtat* sur environ les quatre heures après midi
dans notre maison et étude se sont présentés
messires Eÿrus de Carteret et Benjamin Henri Broun2
originaires anglois. Résidant le dit Seig. de Carteret

audit L’Isle et ledit seigneur Broun dans son
terroir depuis quelque temps. Lesquels nous auroient
dit et exposé que Messire Philipe Stanhope
esquyer  actuellement envoyé extraordinaire de
Sa maiesté Britannique à la cour de Dresde
en Saxe qui habitoit depuis environ l’espace
de six mois la campagne de Monsieur d’Armand
appellée Saint Gervais située au terroir dudit
L’Isle y seroit décédé ce jourd’hui sur environ
les deux heures après minuit ensuite d’une
longue maladie. Et comm’ il importe à Madame
sa veuve qui habitoit avec lui et leur famille
la dite campagne de faire conster de sa mort
nous auroient requis à ces fins de nous transporter
à ladite campagne et apartement où il est décédé
à quoi nous nous sommes offert prêt et tout
de suite et nous étant transporté avec lesdits
seigneurs de Carteret et Broun, à ladite campagne
nous serions tous montés avec les témoins après
nommés dans une chambre au premier
cours faisant face eu midi où nous aurions
trouvé étendu sur un lit placé dans une
alcove le cadavre d’un homme que nous dit
notaire avons reconnu être cellui dudit Seigr.
fol.650
Philipe Stanhope pour l’avoir connu
personellement et eu l’honneur de le voir et
visiter plusieurs fois de son vivant à ladite
campagne, et lesdits seigneur de Carteret et Broun
s’étant effectivement aprochés dudit cadavre
après l’avoir bien et duëment examiné nous
ont déclaré moyenant serment être cellui
dudit Seigeurr Stanhope pour l’avoir pareillement
connu personellement, vû et visité très souvent
depuis qu’il habitoit ladite campagne et
notamment dans sa dernière maladie, de
quoi et de tout ce dessus nous ont requis acte
qu’a été fait où et comme dessus en présence
de Joseph Zuihner, Ge[o]rges Reculest et Pierre
Laune, et François Giraud qui nous ont déclaré
moÿenant serment avoir
reconnu ledit cadavre pour être cellui dudit seigneur
Stanhope pour être lesdits Zuihner, Reculest, et
Laune à son service, et ledit Giraud pour
l’avoir vu dans sa dernière maladie, témoins
requis et appellés soussignés avec les dits Seigneur
de Carteret et Broun.

 

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1 Pas d'acte de décès dans le registre paroissial
2 Brown

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Bibliographie

Liens vers la famille Stanhope (Wikipédia) : 
Philip Stanhope (4e comte de Chesterfield)
Philip Stanhope (diplomat)

Lettres d’un père à son fils :
https://gallica.bnf.fr/Chesterfield
Choix des lettres du Lord Chesterfield à son fils . Traduites de l'anglois. Par M. Peyron, ed. Nyon l'aîné (Londres),1776.
Chesterfield, Philip Dormer Stanhope (1694-1773 ; comte de)
Peyron, Jean-Franc̜ois (1748-1784). Traducteur

Lettres de lord Chesterfield à son fils à Paris : 1750-1752 / préf. Marc Fumaroli ; trad. Amédée Renée, Paris, Payot Rivages, 1993.
(Rivages-Poche, n° 99. Petite bibliothèque, n° 99 )


http://journals.openedition.org/mefrim/582
Emmanuelle Chapron,  « Avec bénéfice d’inventaire » ? Les lettres de recommandation aux voyageurs dans l’Europe du XVIIIe siècle », Mélanges de l’École française de Rome - Italie et Méditerranée modernes et contemporaines, 122-2 | 2010, 431-453.