La petite machine à remonter le temps

Joucas, ses écoles, sa poste

Ce mois-ci, la petite madeleine des archives convoque la poudre de craie et les plumes Sergent-Major, un joyeux fracas de galoches et les sacoches du facteur.

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En 1879, M. Rastouil, maire de Joucas, initie avec force détermination, la création d’une maison d’école au lieu-dit Treillas. L’épaisseur du dossier relatif à la construction du bâtiment, classé dans les fonds de la préfecture sous la cote 2 O 57/4, rend compte de l’ampleur du projet et des vicissitudes rencontrées. Tractations délicates, nombreux devis, désaccords sur la progression des travaux, décès accidentel de l’artisan maçon, choix d’un nouvel entrepreneur, nouveaux devis. Bref une succession d’embûches qui n’empêchent pas l’école à deux classes, filles et garçons, d’ouvrir en 1882, et ce, en l’absence de latrines, de préau et de murs de clôture.

   


Enfin achevée en 1887, l’État joue les trouble-fêtes. En raison de la baisse de la population joucassienne en dessous du seuil de 400 habitants, il ne subventionnera qu’une seule classe. Le conseil municipal se voit donc contraint de  supprimer le poste d’institutrice de l’école des filles. Les 42 écoliers sont alors regroupés dans une classe unique mixte. Les délibérations de l’année 1894 gardent également trace du remplacement de l’instituteur par une institutrice en raison du coût moindre de l’opération.

Quelque 20 ans plus tard, un bureau de poste s‘installe dans l’ancienne école des filles, en lieu et place de la mairie qui occupait depuis l’espace laissé vacant et un facteur-receveur est nommé. Est-ce lui sur la carte postale, qui pose fièrement devant l’objectif du photographe, tel un Jacques Tati dans Jour de fête ?

 

Sources :
Joucas, hier et aujourd’hui, André Arnaud, Hubert Richard, 2007, 208 p.

Et aussi
- Notice dans l'état des fonds des archives de Vaucluse
- Carte postale sur le site Delcampe, autre vue de l'Avenue de la poste