Agrandir l'image, fenêtre modale

Evénement

Printemps des poètes, de Pétrarque à Philogène

Une affiche foisonnante et un poème inattendu pour accompagner le Printemps des poètes et mettre en lumière les jolis hasards de la recherche

Publié le

Lors des Fêtes littéraires organisées par la ville d’Avignon les 17, 18 et 19 juillet 1874, de nombreuses réjouissances furent au programme, dont un concours de poésie en l’honneur du 5e centenaire de la mort de Pétrarque. Rédigés en provençal, français ou italien, ces écrits devaient s’inspirer des thèmes chers au poète humaniste.

La mise au jour de cette affiche, enfouie dans les dossiers préfectoraux relatifs aux cérémonies publiques, nous la devons pourtant à une toute autre archive, numérisée et mise en ligne : il s’agit d’un poème manuscrit provenant du fonds d’archives de la commune de Grambois que la recherche en ligne avec le mot clef « poésie » a fait poindre. En-tête de l'humble document, il est en effet question du 5e centenaire de Pétrarque.

S’il n’est pas contestable que ce sonnet fut rédigé à l’occasion de ces festivités, l’identité de son auteur ne peut être qu’hypothétique, le texte n’ayant pas été signé. La description du document indique cependant que le sonnet peut être attribué à Philogène Rey, secrétaire de mairie et poète à ses heures. Une des monographies sur l’histoire de Grambois*, évoque la figure de Philogène Rey (1814-1902). Menuisier, propriétaire, maire de Grambois de 1866 à 1870, il ne peut s’empêcher de […] forger des alexandrins ; […] il composa à la fin des années 1860 un recueil manuscrit rassemblant une quinzaine de savoureux poèmes, fruits de 10 ans d’effort : « Poësios Prouvençalos ». Vers de Philogène ou pas, nous vous laissons en apprécier la transcription :

Sonnet

Noble cité papale, au palais qui se mire
Dans les flots éclatants du fleuve helvétien
Quel titre ont les cités vaines, auprès du tien ?
Dans tes murs vécut Laure … exerçant son emprise

Sur le cœur de Pétrarque, un amoureux délire
Vint vers Laure attirer le barde italien ;
Mais cet amour, des sens dégagé, fut chrétien ;
Et le fils d’Arezo le chanta sur sa lyre.

Il créa le sonnet ; il rendit immortel
L’amour, rebelle aux sens, dont le cœur est l’autel ;
Il rendit immortelle aussi la chaste Laure.

Il immortalisa la ville aux blancs créneaux ;
Il immortalisa Vaucluse aux belles eaux,
Dans mille ans ses sonnets se chanteront encore

Grambois, 30 juin 1874


Et aussi...

Le musée-bibliothèque François Pétrarque
Histoire de Grambois, Tome II, de la Révolution à nos jours, Emeric Dumont et Syndicat d’initiative de Grambois, Ed. Barthélémy, Avignon, 2004, 279 p.