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Inventaire

Coup de projecteur sur les archives de Saint-Léger-du-Ventoux

Le plus petit village de Vaucluse n’en conserve pas moins des archives intéressantes qui remontent au XVIIe siècle….

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« Vingt-cinq chaumières appuyées contre une montagne aride et une douzaine de fermes jetées çà et là », tel est le portrait un peu rude qui en est dressé dans l’Annuaire de Vaucluse de 1810. Il est vrai que le village présente une situation géographique bien particulière, tassé au pied de la montagne de Bluye, dominé par la face nord du mont Ventoux, au sein d’une étroite vallée traversée par la rivière du Toulourenc, connue pour ses crues dévastatrices. Malgré le climat rude, les intempéries et le grand isolement, la communauté d’habitants comptera plus de 200 âmes en 1841, avant que l’exil rural ne provoque la lente décrue de la population… les habitants ne seront plus que 24 en 1999, constituant alors la commune la moins peuplée de Vaucluse. 

Attestée dès le Moyen-Âge,  la communauté de Saint-léger ne conserve ses archives que depuis le milieu du XVIIe siècle. Leur volume reste à l’image de la commune, d’importance modeste, et cependant ces archives restent essentielles pour connaître l’histoire de cette commune. Leur conservation a souffert sans doute de l’absence de maison commune avant le XIXe siècle, et la disparition de documents importants, tels que les délibérations entre 1763 et 1822, est constatée dès 1857. D’autres documents restent très lacunaires voire complètement absents, en particulier dans le domaine des élections, de l’agriculture ou de la comptabilité.
Aussi, en 1972, la décision d’effectuer le dépôt aux Archives départementales des documents de plus de cent ans permit leur sauvegarde et leur classement. Ce premier dépôt, complété en 2021 par une seconde opération, permet désormais de rassembler, de conserver et de communiquer au public l’ensemble des archives de cette commune entre 1660 et 1940.
 
Ce nouvel inventaire est la clef d’accès aux archives de Saint-Léger-du-Ventoux, et s’accompagne de la numérisation des documents les plus importants pour l’histoire de la commune. Chercheurs, érudits ou simples curieux pourront venir explorer à loisir ces documents précieux qui témoignent du passé de la commune…

un marrit endrechoun qu’es au pèd dóu Ventour, abita pèr de carbounié e tout apaia de lavando, ounte pousquerian pas trouva pèr nous louja.

             Un pauvre petit village qui est au pied du Ventoux, habité par des charbonniers, tout jonché de lavande en guise de litière, où nous ne pûmes pas trouver à nous loger


             F. Mistral, Memori e raconte : moun espelido, Paris, 1906 (Gallica)